Étude · Fiscalité · Monde
La fiscalité crypto dans le monde, instantané 2026
Cartographie des régimes d'imposition des plus-values en cryptoactifs pour un particulier non-professionnel, dans 53 juridictions, du paradis fiscal à la taxation forte. Trois familles se dessinent. Une dizaine de pays exonèrent totalement le particulier (Chypre, Émirats arabes unis, Singapour, Suisse, Salvador…). Un large groupe applique une taxation modérée, entre 10 et 30 %, dont la France et son prélèvement forfaitaire de 30 %. À l'autre bout, une poignée de régimes dépassent 40 %, jusqu'au Danemark à 52,06 % et au Japon où le barème progressif peut atteindre 55 %. La réglementation évolue vite : ce panorama est un instantané 2026 qui demande une veille régulière.
M Cartographie interactive
La fiscalité crypto dans le monde, pays par pays
Survolez un pays pour voir son régime d'imposition des plus-values crypto en aperçu. Cliquez pour épingler le détail dans le panneau de droite. 53 juridictions analysées, le reste du monde apparaît en gris neutre. Instantané 2026, à recouper avant toute décision.
- Favorable : 0 à 15 % (Chypre, Émirats arabes unis, Singapour, Suisse, Salvador…)
- Intermédiaire : 16 à 32 % (France 30 %, États-Unis, Espagne, Portugal, Norvège…)
- Élevé : 33 % et plus (Danemark, Japon, Islande, Allemagne, Italie…)
- Hors étude : pays non couverts par l'analyse
Les cinq chiffres à retenir
Synthèse des écarts mesurés entre les régimes nationaux, instantané 2026, pour un particulier non-professionnel réalisant une plus-value de cession contre monnaie ayant cours légal. La réglementation évolue vite : ces chiffres demandent une veille régulière.
- 0 % dans une dizaine de juridictions (Chypre, Émirats arabes unis, Singapour, Suisse, Salvador…), pas d'imposition des plus-values pour le particulier
- 30 % prélèvement forfaitaire unique en France : 12,8 % d'impôt sur le revenu plus 17,2 % de prélèvements sociaux
- 52,06 % taux maximum au Danemark, le plus élevé recensé dans l'étude
- 33 % nouveau taux italien depuis le 1er janvier 2026 (de 26 à 33 %), franchise annuelle supprimée
- 53 juridictions cartographiées, réparties entre exonération totale, taxation modérée et taxation forte
Fiscalité des plus-values crypto par pays
Particulier non-professionnel résidant fiscalement dans le pays. Plus-value de cession d'un cryptoactif contre monnaie ayant cours légal. Taux maximum applicable selon le régime de droit commun, hors abattements liés à la durée de détention (précisés en note). Instantané 2026, intégrant les mises à jour de l'année. La réglementation évolue vite : une veille régulière reste nécessaire. Classement par tier, du plus avantageux au moins avantageux.
| Pays | Régime | Taux | Notes |
|---|---|---|---|
| Chypre | Aucune | 0 % | Pas d'imposition des plus-values crypto pour le particulier. |
| Malte | Aucune (long terme) | 0 % | Détention longue exonérée ; 35 % si trading professionnel. |
| Émirats arabes unis | Aucune | 0 % | Pas d'impôt sur le revenu des personnes physiques. |
| Singapour | Aucune | 0 % | Pas d'impôt sur les plus-values. |
| Hong Kong | Aucune | 0 % | Pas d'impôt sur les plus-values pour le particulier. |
| Suisse | Aucune (gestion privée) | 0 % | Plus-values privées non imposées (hors activité professionnelle). |
| Malaisie | Aucune | 0 % | Pas d'impôt sur les plus-values des particuliers. |
| Brunei | Aucune | 0 % | Pas d'impôt sur le revenu des personnes physiques. |
| Salvador | Aucune | 0 % | Bitcoin reconnu, pas d'imposition des plus-values. |
| Panama | Territorialité | 0 % | Territorialité, plus-values étrangères non imposées. |
| Géorgie | Aucune | 0 % | Plus-values crypto des particuliers exonérées. |
| Indonésie | Forfait transaction | 0,1 % | Prélèvement forfaitaire à la transaction. |
| Vietnam | En évolution | 0 à 5 % | Cadre en évolution. |
| Liechtenstein | Revenu (barème) | 1 à 8 % | Selon le barème de l'IR. |
| Bulgarie | Revenu (flat) | 10 % | Taux unique sur le revenu. |
| Colombie | Plus-value | 10 % | Imposition des plus-values. |
| Roumanie | Revenu (flat) | 10 % | Petites exonérations sous seuil. |
| Croatie | Plus-value (flat) | 12 % | Exonération si détention supérieure à 2 ans. |
| Tchéquie | Plus-value ou 0 % | 0 à 15 % | Exonération sous seuil ou détention supérieure à 3 ans (depuis 2025). |
| Argentine | Plus-value | 15 % | Pour les particuliers. |
| Brésil | Plus-value (seuil) | 15 % | Au-delà d'un seuil mensuel de cessions. |
| Grèce | Plus-value (flat) | 15 % | Régime appliqué récemment. |
| Hongrie | Revenu (flat) | 15 % | Taux unique. |
| Slovaquie | Plus-value (réduit > 1 an) | 7 à 25 % | 7 % si détention supérieure à 1 an (depuis 2024). |
| Pologne | Plus-value (flat) | 19 % | Déclaration dédiée, report des pertes possible. |
| États-Unis | Plus-value long terme | 0 à 20 % | Long terme : 0/15/20 % selon le revenu. |
| Estonie | Revenu (flat) | 20 % | Au barème de l'IR à la cession. |
| Lettonie | Plus-value (flat) | 20 % | Capital gains tax. |
| Lituanie | Plus-value (flat) | 20 % | Petit abattement annuel. |
| Corée du Sud | Plus-value (prévu) | 20 % | Imposition prévue (mise en oeuvre repoussée). |
| Norvège | Revenu du capital | 22 % | Taux unique sur le revenu du capital. |
| Royaume-Uni | CGT (paliers) | 18 à 24 % | Hausse CGT au 30 octobre 2024 ; abattement 3 000 £. |
| Canada | Plus-value (barème) | 15 à 25 % | 50 % de la plus-value imposable au barème. |
| Israël | Plus-value | 25 % | Impôt sur les plus-values. |
| Autriche | Plus-value (flat) | 27,5 % | Taux fixe valeurs mobilières. |
| Espagne | Plus-value progressif | 19 à 28 % | Barème progressif des plus-values. |
| Portugal | Plus-value (flat) | 28 % | Exonération si détention supérieure à 1 an. |
| France | PFU (flat) | 30 % | PFU 12,8 % IR + 17,2 % prélèvements sociaux ; exonération sous 305 €/an. |
| Suède | Revenu du capital | 30 % | Imposition du revenu du capital. |
| Inde | Forfait crypto | 30 % | Taux forfaitaire sur les plus-values crypto, sans déduction. |
| Belgique | Variable | 0 à 50 % | 0 % gestion privée, 33 % spéculatif, jusqu'à 50 % pro ; projet CGT 10 % en cours. |
| Pays-Bas | Forfait sur capital | Box 3 | Imposition forfaitaire annuelle sur le capital, pas la plus-value. |
| Irlande | CGT (flat) | 33 % | Capital Gains Tax. |
| Italie | Plus-value (flat) | 33 % | Relèvement de 26 à 33 % au 1er janvier 2026, franchise supprimée. |
| Mexique | Revenu progressif | 0 à 35 % | Au barème progressif de l'IR. |
| Thaïlande | Revenu progressif | 0 à 35 % | Au barème progressif. |
| Philippines | Revenu progressif | 0 à 35 % | Au barème progressif. |
| Taïwan | Revenu (selon montant) | 5 à 40 % | Selon le montant et le régime. |
| Luxembourg | Revenu progressif | 0 à 42 % | Exonération si détention supérieure à 6 mois. |
| Allemagne | Revenu progressif | 0 à 45 % | Exonération totale au-delà d'1 an de détention ; sous 600 €/an. |
| Islande | Revenu (barème) | 40 à 46 % | Selon le barème. |
| Danemark | Revenu progressif | 37 à 52,06 % | Au barème personnel ; taux le plus élevé recensé. |
| Japon | Revenu progressif | 15 à 55 % | Revenus divers au barème progressif. |
Top 5 · Le plus avantageux
Pour un particulier qui réalise une plus-value de cession
- 1 Chypre 0 %
- 2 Émirats arabes unis 0 %
- 3 Singapour 0 %
- 4 Suisse 0 %
- 5 Salvador 0 %
Top 5 · Le moins avantageux
Taux maximum applicable selon le régime de droit commun
- 1 Danemark 52,06 %
- 2 Japon jusqu'à 55 %
- 3 Islande jusqu'à 46 %
- 4 Allemagne * jusqu'à 45 %
- 5 Luxembourg * jusqu'à 42 %
Instantané 2026, intégrant les mises à jour de l'année. La réglementation évolue vite : ce classement demande une veille régulière.
* Allemagne et Luxembourg : le taux indiqué s'applique en deçà des seuils de détention. Au-delà d'1 an pour l'Allemagne et de 6 mois pour le Luxembourg, la plus-value est totalement exonérée. D'autres régimes du tableau (Croatie, Malte, Portugal, Tchéquie, Slovaquie) prévoient eux aussi une exonération sous condition de durée de détention.
A Focus France
La France à 30 %, entre les paradis fiscaux et le haut du barème
Le régime français des plus-values en cryptoactifs repose sur l'article 150 VH bis du Code général des impôts. Pour un particulier non-professionnel, la cession contre monnaie ayant cours légal déclenche un prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 %, décomposé en 12,8 % d'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux. À l'échelle mondiale, ce niveau se situe dans la fourchette intermédiaire : plus lourd que les juridictions à 0 %, mais nettement en dessous du Danemark, du Japon ou de l'Islande.
D'un côté, les paradis fiscaux. Une dizaine de juridictions n'imposent pas du tout les plus-values crypto du particulier : Chypre et l'Europe insulaire, les Émirats arabes unis et Singapour côté hubs financiers, la Suisse en gestion privée, le Salvador qui a reconnu le Bitcoin, ou encore Panama et la Géorgie. L'écart avec la France y atteint 30 points.
De l'autre, la taxation forte. Au-delà de 40 %, on trouve le Danemark à 52,06 %, le Japon où le barème progressif peut atteindre 55 %, l'Islande, et l'Allemagne comme le Luxembourg lorsque la détention reste courte. Ces deux derniers exonèrent toutefois totalement au-delà d'un seuil de durée, ce qui rebat les cartes pour un investisseur de long terme.
Deux particularités françaises atténuent l'imposition. Une exonération en deçà de 305 € de cessions annuelles, et surtout le fait que les échanges crypto-à-crypto ne sont pas imposables : le fait générateur est la cession contre monnaie ayant cours légal. Cette règle permet de différer l'imposition tout en restant exposé aux cryptoactifs.
Ce que cela change pour un investisseur basé en France. À volume modéré, le PFU à 30 % reste lisible et compétitif. À gros volumes ou en stratégie de long terme, certaines juridictions deviennent significativement plus favorables, à la condition expresse d'y être résident fiscal de bonne foi : un arbitrage de résidence suppose un transfert effectif du domicile, pas un montage. Rappel d'usage : ce panorama est un instantané 2026 et ne constitue pas un conseil fiscal personnalisé. Avant toute décision, consulter un avocat fiscaliste agréé dans le pays concerné.
B Méthodologie
Comment cette étude a été construite
- Périmètre
- 53 juridictions réparties sur tous les continents. Cas étudié : particulier non-professionnel, résident fiscal du pays concerné, réalisant une plus-value de cession sur un cryptoactif contre monnaie ayant cours légal. Le taux retenu est le taux maximum applicable selon le régime de droit commun, hors abattements liés à la durée de détention (précisés en colonne « Notes »).
- Données
- Codes et administrations fiscales nationales, complétés par les synthèses des grands cabinets (PwC, KPMG, Deloitte) et par les plateformes spécialisées dans la fiscalité crypto. Pour chaque pays, le taux a été recoupé entre plusieurs sources afin de retenir le plafond de droit commun applicable au particulier.
- Période
- Instantané 2026, intégrant les mises à jour de l'année, dont le relèvement italien de 26 à 33 % au 1er janvier 2026 et la hausse de la CGT britannique du 30 octobre 2024. La réglementation crypto évolue vite : ces données demandent une veille régulière et peuvent changer en cours d'année.
- Limites assumées
- Le cadre crypto est mouvant : plusieurs pays révisent leur régime, et certains taux affichés ici correspondent à des projets ou à des réformes récentes. Cette étude ne couvre pas le staking, le mining ni les NFT, qui relèvent souvent de règles distinctes. Elle ne constitue pas un conseil fiscal personnalisé : avant toute décision, consulter un avocat fiscaliste agréé dans le pays concerné.
Sources
- Administrations et codes fiscaux nationaux : taux applicables aux plus-values sur cryptoactifs pour le particulier (instantané 2026).
- PwC, KPMG, Deloitte : synthèses comparatives de la fiscalité des cryptoactifs par juridiction.
- CoinTelegraph, CoinDesk : suivi des réformes fiscales crypto par pays.
- Fond de carte : projet svg-maps (Victor Cazanave), licence CC-BY-4.0.