Étude · Bourse · Monde
Détention d'actions dans le monde : la France au 13e rang
Quelle part des ménages détient des actions, directement ou via l'assurance-vie, les fonds de pension et les plans d'épargne ? Comparaison de 32 pays. Les États-Unis dominent largement avec 55 % de détenteurs, suivis du Canada (49 %) et de l'Australie (37 %). La France se situe au 13e rang mondial avec 15,1 %, dans la moyenne des grandes économies européennes mais loin derrière le monde anglo-saxon et nordique. À l'autre bout, l'Europe du Sud et les pays émergents ferment la marche, jusqu'au Maroc à 0,5 %. En nombre absolu, les États-Unis comptent 185 millions d'actionnaires, la France 10,3 millions.
M Cartographie interactive
La détention d'actions dans le monde, pays par pays
Survolez un pays pour voir son taux de détention d'actions en aperçu. Cliquez pour épingler le détail dans le panneau de droite. 32 pays analysés, le reste du monde apparaît en gris neutre.
- Forte détention — 30 % et plus (États-Unis, Canada, Australie, Royaume-Uni, Nouvelle-Zélande)
- Détention moyenne — 10 à 30 % (France 15 %, Allemagne, Japon, Suède, Suisse…)
- Faible détention — moins de 10 % (Italie, Chine, Inde, Belgique, Maroc…)
- Hors étude — pays non couverts par l'analyse
Les cinq chiffres à retenir
Synthèse des écarts de détention d'actions mesurés sur 32 économies (données 2023-2024). Le taux inclut la détention directe (portefeuille) et indirecte (assurance-vie, fonds de pension, plans d'épargne).
- 55 % de détenteurs d'actions aux États-Unis, le taux le plus élevé des 32 pays
- 15,1 % en France, 13e rang mondial, dans la moyenne des grandes économies européennes
- 10,3 M d'actionnaires en France, détention directe et indirecte confondues
- 185 M d'actionnaires aux États-Unis, record mondial en nombre absolu
- 0,5 % au Maroc, le taux de détention le plus faible du classement
Détention d'actions par pays
Part des ménages détenant des actions, directement (portefeuille, ETF) ou indirectement (assurance-vie, fonds de pension, plans d'épargne). Le nombre d'actionnaires est exprimé en millions. La dernière colonne donne l'indice boursier national et sa performance annualisée sur dix ans (2015-2025). Données de détention 2023-2024, marge d'erreur estimée de 5 à 10 % faute de statistique officielle unifiée. Classement par taux de détention décroissant.
| Pays | Actionnaires | Détention | Indice (10 ans) |
|---|---|---|---|
| États-Unis | 185 M | 55 % | S&P 500 · +16,9 %/an |
| Canada | 19,1 M | 49 % | S&P/TSX · +7,2 %/an |
| Australie | 9,6 M | 37 % | ASX 200 · +3,3 %/an |
| Royaume-Uni | 22,1 M | 33 % | FTSE 100 · +2,7 %/an |
| Nouvelle-Zélande | 1,6 M | 31 % | NZX 50 · +10,7 %/an |
| Suède | 2,3 M | 22 % | OMX Sthlm 30 · +6,0 %/an |
| Russie | 30,5 M | 21 % | MOEX · +9,2 %/an |
| Finlande | 1,0 M | 18,7 % | OMX Helsinki · +3,4 %/an |
| Suisse | 1,5 M | 17,6 % | SPI · +9,0 %/an |
| Irlande | 0,9 M | 17 % | ISEQ · +7,3 %/an |
| Vietnam | 16,2 M | 16,4 % | VN-Index · +12,2 %/an |
| Japon | 18,7 M | 15,2 % | Nikkei 225 · +9,1 %/an |
| France | 10,3 M | 15,1 % | CAC 40 · +5,9 %/an |
| Portugal | 1,5 M | 14,5 % | PSI · +1,7 %/an |
| Allemagne | 11,8 M | 14,2 % | DAX · +9,0 %/an |
| Pays-Bas | 2,5 M | 14 % | AEX · +8,8 %/an |
| Afrique du Sud | 8,5 M | 14 % | JSE All Share · +6,9 %/an |
| Hong Kong | 1,0 M | 13,8 % | Hang Seng · -0,2 %/an |
| Taïwan | 2,9 M | 12,5 % | TAIEX · +6,4 %/an |
| Espagne | 5,9 M | 12,5 % | IBEX 35 · +1,7 %/an |
| Singapour | 0,47 M | 8,3 % | STI · +1,3 %/an |
| Brésil | 17,1 M | 8 % | Bovespa · +15,9 %/an |
| Italie | 4,1 M | 7 % | FTSE MIB · +7,1 %/an |
| Chine | 98,7 M | 7 % | SSE Composite · -0,0 %/an |
| Inde | 85,8 M | 6 % | BSE Sensex · +15,9 %/an |
| Autriche | 0,51 M | 5,6 % | ATX · +6,6 %/an |
| Belgique | 0,59 M | 5 % | BEL 20 · +2,0 %/an |
| Pologne | 1,8 M | 4,9 % | WIG · +8,3 %/an |
| Argentine | 2,3 M | 4,9 % | — |
| Philippines | 1,8 M | 1,5 % | PSEi · -2,0 %/an |
| Mexique | 1,5 M | 1,2 % | IPC · +1,8 %/an |
| Maroc | 0,19 M | 0,5 % | MASI · +5,6 %/an |
A Focus France
La France au milieu du gué
Avec 15,1 % de détenteurs d'actions, la France se classe 13e sur 32, dans le peloton des grandes économies continentales : juste devant le Portugal (14,5 %) et l'Allemagne (14,2 %), au coude à coude avec le Japon (15,2 %). Un positionnement médian, très loin des 55 % américains et des 33 % britanniques, mais nettement au-dessus de l'Italie (7 %) ou de l'Espagne (12,5 %).
L'écart avec le monde anglo-saxon tient surtout à l'architecture de l'épargne retraite. Aux États-Unis, au Canada ou aux Pays-Bas, la retraite par capitalisation passe par des fonds de pension massivement investis en actions, ce qui fait mécaniquement de chaque actif un actionnaire. En France, la retraite repose sur la répartition, et l'effort d'épargne se concentre sur des supports garantis (livrets réglementés, assurance-vie en euros) ou sur l'immobilier.
Le rendement n'aide pas le récit. Sur dix ans (2015-2025), le CAC 40 a délivré environ 5,9 % par an, contre 16,9 % pour le S&P 500 américain et 9,0 % pour le DAX allemand. Cette sous-performance relative de la place parisienne, en partie liée à sa composition sectorielle, entretient une forme de prudence vis-à-vis des actions chez les épargnants français.
Ce que cela dit pour un investisseur en France. Les outils existent et n'ont jamais été aussi accessibles : PEA, assurance-vie en unités de compte, ETF à frais réduits via des courtiers en ligne. La participation française reste pourtant dans la moyenne basse des pays développés. Pour qui souhaite s'exposer aux marchés, la diversification internationale (au-delà du seul CAC 40) et la régularité des versements comptent davantage que le timing. Rappel d'usage : investir en actions comporte un risque de perte en capital, et les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
B Méthodologie
Comment cette étude a été construite
- Périmètre
- 32 économies réparties sur tous les continents. Indicateur : part des ménages détenant des actions, en incluant la détention directe (portefeuille, ETF) et indirecte (assurance-vie, fonds de pension, plans d'épargne, produits structurés). Le nombre d'actionnaires correspond au volume de personnes concernées dans chaque pays.
- Données
- Instituts nationaux de statistiques, banques centrales, et données agrégées du FMI, de la Banque mondiale et de l'OCDE, complétées par des rapports du secteur financier (banques, assureurs, places boursières). Les rendements de la dernière colonne sont la performance annualisée sur dix ans (2015-2025) de l'indice boursier de référence de chaque pays.
- Période
- Taux de détention et nombre d'actionnaires : données 2023-2024. Rendements des indices : performance annualisée sur la décennie 2015-2025.
- Limites assumées
- Aucune statistique officielle unifiée n'existe pour la détention d'actions : nous retenons une marge d'erreur de 5 à 10 %. Les définitions de la « détention » varient d'un pays à l'autre (part de la détention indirecte notamment), ce qui limite la comparabilité fine. Cette étude n'est pas un conseil en investissement : investir en actions comporte un risque de perte en capital, et les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
Sources
- Instituts nationaux de statistiques et banques centrales — taux de détention d'actions par pays (données 2023-2024).
- FMI, Banque mondiale, OCDE — données agrégées sur la participation des ménages aux marchés financiers.
- Rapports du secteur financier (banques, assureurs, opérateurs de marché) — estimations du nombre d'actionnaires par pays.
- Places boursières et fournisseurs d'indices — performance annualisée sur dix ans (2015-2025) des indices nationaux (S&P 500, CAC 40, DAX, FTSE 100, Nikkei 225, etc.).
- Fond de carte : projet svg-maps (Victor Cazanave), licence CC-BY-4.0.